Par Theoscence

Par Theoscence
* Die Kunst der Verführung ( L'Art de la Séduction ) par Ollie .

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____Genres/Thèmes : Yaoi, Romance, Art ( Lemon, probablement )
____Notes : La Gemäldegalerie existe réellement à Berlin .
__________Toutes les références aux peintres/peintures sont exactes.
__________Je ne parle pas allemand.


Fautes de frappes, Orthographe, Erreurs en Allemand, ______
Suggestions, Remarques, Précisions, Questions, Avis, Critiques... ______
Faites le moi savoir, c'est important.______

___Chapitres publiés :
__________Chapitre 1 : * Die Kunstgalerie ( La Galerie d'Art )
__________Chapitre 2 : * Der Kunstberiff ( La Notion d'Art )
__________Chapitre 3 : * Der Kunstliebhaber ( L'Amateur d'Art )
__________Chapitre 4 : * Das Enrich's Lokal ( Le restaurant d'Enrich )
__________Chapitre 5 : * Geistiger Flirt ( Flirt Cérébral ) Aide Titre
_________________________Partie I
_________________________Partie II
__________Chapitre 6 : * Tableaux Personnels. « Il ressortait de nos tableaux personnels un passé enfouit teinté
_________________________d'un présent concerné. »
__________Chapitre 7 : * «C'était salement Romantique » (Coeur de Pirate)


______Je préviens de l'arrivée des nouveaux chapitres à tous ceux qui me le demandent.



# Posté le dimanche 05 avril 2009 19:18

Modifié le samedi 26 septembre 2009 09:01

Chapitre 1 : * Die Kunstgalerie ( La galerie d'art )

Chapitre 1 : * Die Kunstgalerie ( La galerie d'art )
____* Die Kunstgalerie .


_________Je suis tout le temps dans les nuages. Je connais les turbulences, et les descentes vertigineuses. J'ai parfois l'impression que je touche le sol sans que je me rende compte que j'étais dans les airs un peu plus tôt. C'est l'habitude. L'atterrissage est toujours douloureux. On retourne à la réalité.

_________Le pilote déclenche l'ouverture du train d'atterrissage, l'avion se pose. Aéroport de Berlin.

_________Le taxi que j'ai happé à la sortie de l'aéroport me dépose à la galerie. La Gemäldegalerie. Une des plus réputées qui regroupent de nombreux tableaux venant de toute l'Europe du treize au dix-huitième siècle. On peut se demander ce que je fais dans un musée. Pourtant c'était pour moi une évidence. Ce qu'on ressent quand on voit une ½uvre d'art pour la première fois, je l'ai ressentis dès qu'on nous a emmener au musée ma classe et moi. J'étais au collège, les autres s'ennuyaient ferme alors que moi je n'avais jamais été aussi passionné. Je suis même passé pour un looser. Mais en toute honnêteté ça m'était complètement égal.

_________Alors après le lycée, j'ai étudier l'histoire de l'art à l'université. J'ai dû user de ma persévérance et être le meilleur dans mon domaine, pour faire oublier mon extravagance. Étant donné que je prône la tolérance et l'excentricité, je suis excentrique. Pour un galeriste, le style vestimentaire d'un rappeur américain, aux dreads blondes est excentrique.

_________J'ai réussis à me faire une place dans le métier, en Allemagne du moins. Quand je voyage, pour assister à des ventes privées ou à des conférences, c'est différent. On vérifie mon badge d'entrée un nombre incalculable de fois, cherchant à savoir si je ne suis pas un meneur de trouble, venu pour empêcher la vente de bien se dérouler. C'est grisant mais je comprends que la sécurité prennent au sérieux la sélection des acheteurs potentiels. Des ½uvres aux valeurs inestimables sont au bout du marchandage. Et tous les représentants et négociateurs des galeries sont prêts à dépenser des sommes astronomiques pour agrandir la collection de leurs musées.

_________La Gemäldegalerie est une des nombreuses galeries que regroupe le Kulturforum de Berlin. On se fait souvent concurrence sur les marchés, mais certaines sont spécialisées dans les sculptures, d'autres dans l'art contemporain ce qui limite les tensions.

_________En me rendant dans le musée, je salue Georg, qui travaille dans la galerie d'à côté. Il est le petit ami de mon meilleur ami, Gustav, qui, lui, travaille avec moi. Il est chargé du côté relationnel du métier, il est médiateur culturel. Plus simplement, malgré que ce soit péjoratif, il est guide. Gustav est passionné, il raconte l'art. Il met immédiatement le public en confiance, et l'amène à s'intéresser aux contenus des expos. Je dois dire qu'il est impressionnant, on ne se détache pas une seule seconde de ces explications, même les gosses de 12ans s'intéressent à Vermeer quand il en parle.

_________En entrant dans le hall de la galerie, remplit de colonnes blanches, le plafond marqué par des arcs de cercles, je le vois au loin accompagné d'un groupe, parlant vivement d'un tableau de Caravage. Il n'est pas loin de 22 heures, la visite doit finir d'ici peu. Tous les Jeudis le musée organise des visites nocturnes. Toute l'équipe qui s'en occupe rentre donc tard. Je le salue discrètement et me dirige vers les bureaux, sans pouvoir m'empêcher de jeter un coup d'½il au dôme de la galerie quand j'y passe. En arrivant dans mon bureau, je m'assoie directement sur le fauteuil, jetant ma valise. Ce voyage à Florence m'a tout simplement épuisé, comme à chaque fois que je m'y rend, je reviens des images plein la tête, émerveillé. J'adore cette ville. Je crois que je ne me lasserais jamais d'y aller, pour voir et revoir encore tout l'art qui trône en maître dans cette ville.

_________On frappe à la porte, tandis que mes mains sont jointes derrière ma tête, regardant le plafond, me laissant vagabonder dans les souvenirs que je ramène d'Italie. Gustav entre après que je l'ai invité à le faire. Je me redresse à contre-c½ur. Il me sourit.
_________« - Alors Florence ? Me demande t-il
_________- Pire que génial ! Répondis-je avec enthousiasme.
_________- Et la conférence ? Intéressante ?
_________- Pas vraiment, le maître conférencier était d'un ennui ! Heureusement qu'il y avait du beau monde à regarder, crois-moi. J'adore ce job, mais ces conférences ne sont vraiment... vraiment...
_________- ... pas ton truc -continua Gustav pour moi.
_________- Voilà! S'ils étaient tous comme toi, j'aurais plaisir à y aller mais là..
_________- Tom Kaulitz, tu vas me faire rougir. Il regarde sa montre. Tu m'excuses mais Georg m'attend on se voit demain -dit-il gêné. Repose-toi ce soir, tu ressembles à rien ! Ajoute-il en se dirigeant vers la porte.
_________- Merci du compliment, amusez-vous bien! Répondis-je accompagné d'un clin-d'½il

_________Il sort de mon bureau, amusé. Je jette un coup d'½il autour de moi et remarque près du clavier d'ordinateur le discours que j'ai commencé à écrire. Gustav ne m'a pas demander où j'en étais, et je l'en remercie, il sait que faire l'inauguration de cette nouvelle acquisition de la galerie m'angoisse énormément. Ce sera devant un public, toute l'administration, le ministre de la culture sera sûrement présent aussi. Ce sera la première fois que je parlerais au nom du musée en dehors des éloges que je fais lors des négociations. J'étais chargé de discuter les avantages de notre galerie avec tous les concurrents, faire en sorte que ce soit nous qui l'exposions. Après avoir vanter les mérites de notre musée, j'ai réussis à convaincre tout le monde de nous laisser cette oeuvre. Alors en plus d'une prime assez démentielle, le responsable de la Gemäldegalerie, Loik Ackermann m'a chargé, pour me récompenser, de faire le discours d'inauguration.
J'ai pris conscience dans quoi il m'embarquait seulement quand Gustav m'a félicité un peu plus tard. Si je me plante, je peux dire adieu à mon ambition la plus chère : celle de devenir gérant de ma propre galerie.

_________Je relis pour la troisième fois ce que j'ai commencé à écrire et me dis que je n'obtiendrais rien de moi-même ce soir. Je décide de rentrer me reposer dans mon appartement. Traînant ma valise, levant les yeux vers le dôme encore une fois.
_________En traversant les salles pleines d'½uvres d'art, je m'arrête en constatant qu'une personne est encore là.




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# Posté le dimanche 05 avril 2009 20:28

Modifié le mercredi 22 avril 2009 15:32

Chapitre 2 : * Der Kunstbegriff ( La Notion d'Art )

Chapitre 2 : * Der Kunstbegriff ( La Notion d'Art )
L'Amour Vainqueur - Caravage ;1601


____* Der Kunstbegriff .


_________Elle se tient de dos, des cheveux longs, bruns, une veste noire tout comme son jean. Cette personne regarde attentivement le tableau dont Gustav parlais tout à l'heure. « L'amour vainqueur » de Caravage. Je m'approche silencieusement, elle ne remarque apparemment pas ma présence. Quand elle s'apprête à effleurer du bout des doigts la peinture je l'arrête en lui disant doucement

_________- Un chef-d'½uvre n'est-ce pas ?

_________Elle sursaute, comme prise en faute, elle se retourne. Je vois maintenant son visage, fin, les yeux cernés de noirs. Je m'approche.

_________- Désolé.. je voulais pas toucher je.. s'explique t-elle .

_________Sa voix grave me fait me rendre compte que c'est en réalité un garçon. Il me regarde dans les yeux, des yeux étincelants, d'un doux marron .

_________- Il est tellement beau..dit-il pour se justifier
_________- Je vous comprends. Vous avez assister à la visite, tout à l'heure ?

_________Je ne peux m'empêcher de trouver bizarre que je ne l'ai pas remarqué avant, lorsque je suis passé près du groupe des visiteurs un peu plus tôt.

_________- Oui.. Je n'arrive pas à décrocher les yeux de cette peinture. Comme si elle m'hypnotisait.
_________- Caravage a fait scandale. Peindre un ange sexué est pire qu'un blasphème
_________- On dit aussi que c'est le fils de Vénus, Amour. Et que c'est pour cette raison qu'il est représenté en dominant la musique, la guerre.. L'amour triomphe de tout. C'est ce que dit Caravage.

_________Devant mon air ahuri par le fait qu'il connaisse si bien cette peinture il ajoute

_________- C'est le guide qui l'a expliqué tout à l'heure -dit-il en posant les yeux sur moi.

_________Je n'arrive pas à soutenir son regard et repose mes yeux sur le tableau.

_________- Oh... Gustav ?
_________- Oui je crois que c'est son nom. Il explique très bien les peintures. Mais je crois que celle-ci est ma préférée. Sûrement parce que j'ai envie d'y croire.
_________- Je pense que c'est vrai .
_________- Ah oui ?
_________- Quand on aime on fait n'importe quoi non, et on surmonte tout ?
_________- Oui, vraiment n'importe quoi.

_________Je le regarde encore, ses yeux sont plongés dans les miens. Je suis en train de parler d'amour avec une personne que je connais même pas. Je décide de couper court à ces regards qui me mettent mal à l'aise. Il ne doit pas me prendre au sérieux et surtout me trouver ridicule.

_________- On va fermer, il est tard, et les visites sont terminées.
_________- Oui d'accord, je ne me suis pas rendu compte de l'heure -dit il en regardant une dernière fois le tableau.
_________- Nous ouvrons à 10 heures demain, vous pourrez revenir l'admirer.
_________- Ça se voit tant que çà, que je trouve cette peinture sublime ? Demande t-il
_________- Vos yeux pétillent, votre bouche légèrement béante montre que vous êtes absolument fasciné, et vos sourcils froncés semblent donner l'impression que vous vous interrogez vivement sur ce que veut dire le tableau.

_________Il rougit légèrement en entendant ma réponse. Je lui souris, histoire de le montrer que c'est plus drôle qu' honteux. Je lui fais un signe de main pour l'encourager à prendre la sortie du musée, tout en reprenant ma valise. On se dirige alors vers le grand hall blanc, munit de colonnes impeccablement nacrées. Tout en marchant doucement, j'engage la conversation, le silence commençant à me peser.

_________- C'est la première fois que vous venez n'est-ce pas ?
_________- Comment vous le savez ?
_________- Je vous aurais remarqué si vous étiez déjà venu. Vous êtes un peu comme moi. Votre look ne cadre pas énormément avec l'art
_________- Pourtant vous, vous avez réussis.
_________- Pour garder son identité il faut être le meilleur. Le patron l'a compris. Il a jugé mes compétences et mon travail, pas mes dreadlocks !

_________Il rit légèrement à ma remarque.

_________- Je trouve que ça vous va très bien ! Dit-il soudainement

_________Il baisse immédiatement la tête regardant ses pieds, ses cheveux cachant son visage. Quant à moi je suis surpris, j'en rougis je crois bien. Sa gène m'écorche quand même un sourire.

_________- Merci
_________- Désolé, je voulais pas vous..
_________- Non, pour être honnête je vous trouve très bien aussi. Ici, vous donnez l'impression d'incohérence, ça me plait. La plupart des gens pensent que l'art est réservé à une catégorie de personnes, ou à un genre de société inaccessible. Ils se trompent. L'art, c'est pas uniquement fait pour les riches en costards, une coupe de champagne à la main, s'extasiant sur des Van Gogh. Au moins, pour les faire taire, je pourrais leur dire qu'un bel androgyne est venu à la Gemäldegalerie.

_________Je le regarde tout en regrettant légèrement la tirade que je viens de prononcer. Je déteste ce genre de clichés, et les personnes qui les nourrissent. Je ne manque pas une occasion de pouvoir démontrer le contraire. Il ne répond rien, mais m'offre un très beau sourire.
_________Tandis que nous sortons de la galerie, je salue rapidement les gars de la sécurité qui sont un peu étonnés par le fait que sois accompagné? Je les rassure d'un signe de tête.
_________Le couloir du Kulturforum est vide, et les galeries fermées, les alarmes enclenchées.
_________Alors que je l'observe du coin de l'½il, marcher à mes côtés, je le vois froncer les sourcils en me regardant traîner bruyamment ma valise.
_________- Florence -dis-je
_________- Pardon ?
_________- Je reviens à peine d'Italie, de Florence. Et c'est pour çà que je balade partout ma valise.

_________Je le regarde et souris devant son énième moment de gêne. Sa timidité me fait rire. Alors qu'il baisse légèrement les yeux, il me répond un vague « D'accord »
_________On arrive sur le parking, alors qu'il se dirige vers sa voiture, il se retourne et me dit :

_________- Demain, vous ouvrez à 10h c'est bien çà ?
_________- Oui de 10 heures à 18 heures, vous pouvez repassez quand vous voulez... Mais si vous voulez éviter de vous trouvez avec les gosses, passez avant 15 heures ou après 17 heures.
_________- Très bien, Merci
_________- Pas de quoi...
_________- Bill, je m'appelle Bill. Répond-t-il comme s'il avait lu dans mes pensées.
_________- Moi, c'est Tom . A demain Bill .

_________Je lui fais un clin-d'½il rapide et je me retourne traînant toujours ma valise, j'ai décider de rentrer à pieds. Mon appartement n'est pas si loin de la galerie. J'entends Bill démarrer et sortir du parking. Rien est plus agréable de voir qu'une personnes est chamboulée à la vue d'un tableau.
_________Je ne suis pas un vulgaire acheteur d'½uvres d'art pour une banale galerie d'art dans une quelconque ville. J'habite à Berlin, et mon équipe et moi travaillons pour çà. Pour voir ces réactions toutes uniques mais parfaitement reconnaissables. Le plaisir à la vue du Beau.
_________Les gens n'ont qu'à tendre les mains, on leur apporte l'art sur un plateau d'argent. Certains y sont indifférents, et d'autres, comme Bill, récompensent notre travail et nous rendent fiers en restant béat devant une toile qu'on a négocié durant des mois. On peut dire qu'aujourd'hui, parmi toutes les personnes venues au musée, les gosses, les touristes qui ni connaissent rien, les connaisseurs, les acheteurs, les investisseurs de la galerie, au moins une, est sortie du musée avec la ferme intention d'y revenir, et en ayant reçue LA notion d'Art .



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# Posté le lundi 06 avril 2009 20:12

Modifié le samedi 18 avril 2009 09:40

Chapitre 3 : * Der Kunstliebhaber ( L'Amateur d'Art )

Chapitre 3 : * Der Kunstliebhaber ( L'Amateur d'Art )
____* Der Kunstliebhaber .


_________La présentation de la nouvelle acquisition de la galerie est dans une semaine, jour pour jour. Et mon discours n'a pas avancé d'un seul mot. Ce matin, j'ai pourtant rassurer Loik en lui disant que je devais seulement faire quelques modifications, mais qu'il était prêt. De cette façon, il me laisse tranquille. Ce n'est pourtant pas la première fois que je dois préparer un discours. D'habitude, je le fais pour Loik. Mais cette fois, c'est moi qui prononcerais les mots, et je refuse d'écrire de vulgaires banalités.
_________Pourtant, ça urge. Je pars à Paris dans deux jours, je reviendrais seulement la veille de la présentation, tout devrait déjà être prêt, pour que je puisse me consacrer au voyage sereinement. Un musée parisien prétend avoir dans sa collection un Vermeer. Les imitations de ses ½uvres sont tellement monnaies courantes que les vérifications sont nombreuses. J'ai une certaine réputation pour mon travail sur les ½uvres de cet artiste. On m'a donc convié aux conférences et à une partie de l'étude. J'ai à la fois hâte d'y être, ce peintre est l'un des premiers qui m'aies fait aimé l'art. Mais quand j'y serais, l'inauguration sera d'autant plus proche que je serais terrorisé. Encore plus que je ne le suis maintenant.

_________L'amateur d'art, Bill, n'est pas revenu, ou du moins je ne l'ai pas vu. J'ai pourtant remplacé Gustav comme guide, il était partit à Vienne deux jours entiers. A chaque fois qu'un groupe de visiteurs m'était attribué je regardais la foule pour voir s'il n'était pas là, lui aussi. La déception s'était manifestée. J'avais dû parler de peintures à des gens qui semblaient à peine écouter. J'avais la conviction que s'il avait été là, mes explications auraient au moins ravie quelqu'un, et peut-être qu'il aurait manifesté son intérêt et ça m'aurait encouragé à continuer. Quand j'ai dû passer à l'explication du tableau de Caravage, la déception s'est amplifiée. J'ai bien étudié le regard des visiteurs sur la toile, et je n'ai vu l'émerveillement dans aucun des yeux braqués sur le tableau. Aucun n'avait les yeux brillants, ni les sourcils froncés ou encore la bouche ouverte montrant leur stupéfaction, comme j'avais pu l'observer chez Bill.

_________Gustav entre après avoir frappé à la porte de mon bureau. Il me sourit.
_________- Tu n'es pas avec Georg ? Lui demandais-je étonné
_________- Comme tu peux le voir non, je viens de rentrer de Vienne, je voulais te voir avant d'aller retrouver Georg, on passe l'après-midi ensemble, il a prit sa journée pour mon retour.

_________Je rigole légèrement, ils sont vraiment accros. Deux jours sans se voir, un congé pour se retrouver.

_________- Te marres pas. Me menace-t-il. Les visites se sont bien passées ?
_________- Sérieusement ? Non ! Comment t'arrives à parler dans le vent toute la journée comme çà ? Les gens n'en n'ont strictement rien à foutre, je me demande pourquoi ils viennent ! Ou peut-être que je suis ennuyeux comme guide, tout simplement.
_________- C'est certain que tu l'es comparé à moi ! Réponds-t-il en souriant.
_________- Merci Gustav !
_________- Je plaisante, tu le sais. Bien sûr qu'il y a des gens qui se foutent de ce que t'explique, mais y'en a d'autres, on sent, dans leurs regards que c'est comme s'ils retombaient en enfance, et qu'on leur parlait d'un conte de fée. Tu vois ce que je veux dire ?
_________- Oui, comme Bill. Dis-je pensivement.
_________- Qui est Bill ? Me demande t-il en fronçant les sourcils.
_________- Je t'en ai pas parlé ? Il est venu à la nocturne il y a deux semaines. Tu lui as fait la visite. Un androgyne. Quand je suis sortis, il était encore devant Caravage. On a discuté un peu, en partant il m'a dit qu'il repasserait mais je l'ai toujours pas revu. Tu aurais dû voir la façon dont il regardait la toile..
_________- Il la regardait de la même façon que toi, quand tu regarde un Vermeer, Tom. Je t'ai reconnu quand je l'ai vu admirer Caravage.
_________- Tu te souviens de lui ?
_________- Bien sûr que oui, c'est difficile de le louper. Si je le revois je te fais signe, me lance-t-il avec un clin-d'½il. Georg m'attend, je dois y aller.
_________- D'accord.. Alors qu'il se rapproche de la porte j'ajoute : Gustav, l'appart est vide sans toi.
_________Il me sourit, compatissant. Il a décidé il y a peu de temps de déménager pour habiter avec Georg, je me retrouve seul dans cet appartement qu'on partageait.
_________- Passe quand tu veux, dit-il pour compenser, sauf cet après-midi !ajoute-t-il
_________Je rigole et hoche la tête pour montrer que j'ai bien compris que je n'étais pas le bienvenu en ces moments de retrouvailles. Quoi de plus normal. Il me fait un signe de main et quitte mon bureau.

_________Je décide de me remettre au travail, je prépare mon séjour à Paris, je lis des dizaines et des dizaines de lignes que je connais par c½ur sur Vermeer. Je veux absolument être au point pour ces conférences. Les spécialistes vont sûrement m'interroger sur certains points, en tant que perfectionniste et pour ma réputation, je veux pas avoir à dire « je crois » ou « je ne sais pas ».

_________Il est au environ de 19 heures quand je me décide à rentrer. Toute l'après-midi j'ai en quelques sortes « réviser » et je suis maintenant épuisé. Je dois encore préparé une fois de plus ma valise. Je crois que j'aurais traversé toute l'Europe. Mais l'Italie reste mon pays de prédilection. Il ne me suffira pas d'une vie pour tout voir.

_________A la sortie de la galerie, les gars de la sécurité d'humeur blagueuse me lancent :
_________- Alors Tom, t'es pas accompagné cette fois, elle était jolie dans son genre, t'as changé de bord ou quoi ?

_________Je mets un peu de temps à réaliser qu'ils parlent de Bill. Lorsque j'ai débuté à la Gemäldegalerie, je travaillais jusqu'à tard le soir et parfois j'ai finissais par discuter avec eux, qui passaient la nuit à surveiller la galerie. Au fil de la conversation ils ont finis par comprendre que j'étais gay. Maintenant ils ne manquent jamais une occasion de me charrier dès qu'ils me voient avec quelqu'un.

_________- C'était un mec. Dis-je d'un air blasé.
_________- Sérieux ? Je serais bien gay d'un seul coup ! S'exclame Till en riant.
_________Les autres s'esclaffent bruyamment en approuvant des « moi aussi ! »
_________- Ouais, bon, bonne soirée les gars. Dis-je en sortant.

_________Ils sont plutôt sympa mais un peu lourd. Je le connais même pas Bill ! Avec le stress, la fatigue et tout le reste, ils ont réussis à me mettre de mauvaise humeur. Le parking du Kulturforum est pratiquement vide. Je grimpe dans ma Cadillac et rentre enfin chez moi.

_________En ouvrant la porte de l'appartement, je constate encore une fois à quel point il est vide sans la présence de Gustav. Je décide de me coucher directement après avoir fait rapidement ma valise pour Paris, De cette façon, je m'évite de penser à tout ce qui m'attends demain.


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_________Je marche en direction de la galerie sous le soleil déjà levé depuis un moment. Je n'ai pas pris ma voiture, je me rendrais ce soir à l'aéroport en taxi, ou peut-être que Gustav m'emmènera s'il est disponible. Je roule mes bagages pour Paris depuis l'appartement, ma main est engourdie et les rognures de mes doigts à la fois rouges, et blanches.

_________La galerie est pleine de monde, j'ai l'impression que tout les gens qui avaient prévu de venir aujourd'hui se sont dit qu'à l'ouverture, il y aurait moins de monde. Loupé, vous avez tous eu la même idée.
_________Je tire une fois de plus ma valise à travers le Kulturforum. Je vais rejoindre Gustav et Georg au café juste à côté de la Gemäldegalerie.

_________C'est une habitude que nous avons prise depuis longtemps maintenant. Avant seul Gustav et moi venions ici pour prendre le petit déjeuner, nous parlions surtout de nos nuits, à l'époque où on était des homosexuels débauchés. Puis, Georg est venu travaillé dans la galerie de sculptures du Kulturforum, et Gustav s'est amouraché de lui. Depuis, nous sommes de simples homosexuels, et ce gars vient déjeuner avec nous, dans notre café, servis par nos serveurs, qui sont des amis d'enfance de Gus et moi. Nous restons environ une vingtaine de minutes. Gustav commence une visite à 11 heures, quant à moi, étant donné que je pars pour Paris ce soir, je peux me permettre d'arriver quand j'en ai envie. En ce qui concerne Georg, je ne sais pas ce qu'il fait encore là.
_________Gustav l'accompagne à sa boutique tandis que je me dirige vers la Gemäldegalerie. Le hall fourmille de visiteurs vagabondant. Je me fraye difficilement un passage entre tous ces gens, et j'arrive enfin à la pièce au dôme.
_________Tout en continuant d'avancer ma valise dans une main, je lève les yeux, comme toujours, je ne m'empêche jamais d'admirer cette voûte grandiose. Je m'arrête brusquement quand ma valise roulant légèrement de côté heurte violemment quelque chose. J'entends un « aïe ». Je me retourne rapidement et reconnaît Bill, qui se tient douloureusement la cheville. Au delà du fait que je suis plutôt content de le revoir enfin ici, je m'empresse de m'excuser.
_________- Merde, je suis désolé, Bill ça va ?
_________- Vous vous souvenez de moi ?
_________- Bien sûr, « L'amour vainqueur » de Caravage. Comment va votre cheville ? Demandais-je légèrement inquiet.
_________- Ne vous en faites pas, ce n'est pas si grave. Et puis c'est de ma faute, je regardais le plafond alors...
_________- Moi aussi, je regardais le dôme, c'est pour çà que je ne vous ai pas vu
_________- Florence ? Dit-il en me regardant dans les yeux.

_________Je suis encore une fois incapable de soutenir son regard, j'ai comme l'impression qu'il est capable de lire en moi. De ses pupilles chocolats, il me rend transparent. Et je refuse catégoriquement qu'il fasse opérer sa magie sur moi. J'ai surtout peur qu'il voit dans mon regard qu'il me plaît. Je sors de ma léthargie et bégaye :
_________- Pardon ?
_________- Vous retournez à Florence ? S'explique-t-il en regardant ma valise.
_________- Non je vais à Paris cette fois. Dis-je après avoir enfin compris.
_________- Vous voyagez souvent !

« Mais toujours seul » est ce que j'ai toujours envie de répondre à ce genre d'exclamations. A la place je me contente de prétendre que :

_________- C'est le métier qui veut çà.
_________- Qu'est-ce que vous allez faire à Paris ? Me demande-t-il.
_________- Je dois assister à certaines réunions d'études sur un Vermeer encore inconnu.
_________- Ce doit être très intéressant ! Et j'ai toujours voulu aller à Paris. -Dit rêveusement Bill
_________- Certaines conférences sont ouvertes au public vous savez ?
_________- Je ne suis pas sûr d'y comprendre grand chose, j'y connais pratiquement rien.
_________- C'est justement fait pour çà.
_________- Sans doute, j'irais peut-être un jour dit-il vaguement.
_________- Oui ! C'est l'occasion, puis ils ont plusieurs Caravage au Louvre.

_________Je vois ses yeux pétiller légèrement et sourire quand il entend ce nom. Puis ces yeux s'assombrissent quelques secondes plus tard et son visage affiche une sorte de déception assez indéchiffrable.

_________- Tout va bien ? Demandais-je

_________Il secoue la tête comme pour se reprendre, et passe une main dans ses longs cheveux noirs pour se redonner contenance et me regarde

_________- Oui, c'est juste que j'aurais tellement aimé y aller.
_________- Hé bien, venez !
_________- Je ne peux pas, il y a... mon petit frère et... je ne peux tout simplement pas le laisser. C'est vraiment dommage.

_________« Oui, vraiment dommage, j'aurais pu faire le guide entre deux conférences » pensais-je. Je me décide à dire tout autre chose :

_________- Vous savez, les Caravage ne s'envoleront pas. Vous pouvez aller les voir quand vous voulez.
_________- J'y manquerais pas, c'est certain !

_________Je vois Gustav passé un peu plus loin, il doit sûrement se rendre au bureau pour récupérer les brochures de la galerie que personne ne garde mais qu'il s'obstine quand même à donner aux visiteurs. Il me fait un clin-d'½il et dit sans pour autant prononcer, quelque chose avec ses lèvres. Comme je n'ai pas compris, je fronce fortement les sourcils et prend un air interrogateur. Bill qui est toujours devant moi, me regarde étonné en levant son sourcil pierçé. Il se retourne, Gustav est déjà partit.

_________- C'était rien, enfin si, c'était Gustav mon meilleur ami, il a essayé de me dire quelque chose mais de là où il était j'ai rien compris. M'expliquais-je

_________- Il rit un peu et me demande :
_________- Gustav, le guide ?
_________- Oui c'est lui.

_________Je vois qu'il hésite puis me demande finalement :
_________- Vous savez à quelle heure il fait une visite, j'aimerais bien y assister encore une fois.
_________- Dans quelques minutes il en commence une, je crois.
_________- Vous pensez que je peux me joindre au groupe ?
_________- Je vais aller lui demander, suivez-moi.

_________Je reprends ma valise en main et me dirige vers les bureaux après avoir traverser le dôme. Bill me suit de près, je fais attention à ne pas lui blesser la cheville encore une fois, ni celles des visiteurs à travers lesquels on slalome. Lorsque nous arrivons, je vois Gustav sortir les bras chargés de fascicules se pressant pour ne pas faire attendre le groupe. Il s'arrête quand il me voit accompagné de Bill.

_________- Salut, y'a un problème ? - Dit-il en nous regardant tous les deux.
_________- Non, t'en fais pas Gus, je voulais savoir si tu pouvais intégrer Bill au groupe de 11 heures, il voudrait refaire une visite.

_________Gustav le regarde en souriant.

_________- Bien sûr ! Vous pouvez m'aider à porter çà ? Dit-il en montrant les brochures qui lui encombraient les bras.
_________Bill se charge alors de prendre un paquet de fascicules de la galerie. Je n'en ai pas envie, mais je dois les laisser faire leur visite, Loik veut me voir pour régler les derniers détails du séjour à Paris.
_________- Je vais vous laissez -Dis-je
_________- Tu fais pas la visite avec nous ? Me demande Gustav
_________- Non, désolé, Loik m'attends et je dois commencer mon discours, s'il voit que j'ai encore rien fais, il va me virer.
_________- Ok, dommage
_________- On se voit au déjeuner de toute façon. Bonne visite Bill ! -dis-je en tournant le regard vers lui, il me sourit et me remercie. Je reprends ma valise en main, la pose dans mon bureau, et me dirige vers celui de Loik.


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# Posté le samedi 11 avril 2009 15:51

Modifié le mercredi 22 avril 2009 15:29

Chapitre 4 : * Das Enrich's Lokal ( Le restaurant d'Enrich )

Chapitre 4 : * Das Enrich's Lokal ( Le restaurant d'Enrich )
____* Das Enrich's Lokal .


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_________Je suis dans le bureau du patron depuis dix bonnes minutes, et ce dont il me parle ne m'intéresse pas le moins du monde. Il a vécu à Paris pendant plusieurs années, bien qu'il soit né en Allemagne. Alors dès que je dois m'y rendre, il se sent obligé de m'expliquer les lignes de métro, le chemin qui mène jusqu'à l'hôtel, les restaurants branchés, et même les boîtes de nuits à tendance gays qu'il a repéré. N'en pouvant plus je le coupe alors qu'il cherche sur le plan un restaurant grec qu'il a adoré.
_________- Loïk, c'est pas la première fois que je vais à Paris tu sais, tu m'as déjà expliqué çà mille fois. Puis j'aime pas le grec.

_________Il lève les yeux de son plan et me regarde
_________- Oui tu as raison, excuse-moi. J'ai envie que tu en profites un peu quand même, ça a beau être notre passion, c'est tellement ennuyeux parfois, t'auras besoin de te détendre !
_________- T'en fais pas pour moi Loïk, ça ira très bien, prends une chambre d'hôtel avec le câble, et je m'ennuierai pas Ok?
_________Je commence à me diriger vers la porte, avec un peu de chance j'éviterai la question sur le discours.
_________- Au fait Tom !
_________Je crois que c'est foutu pour cette fois. Je me retourne, en croyant avoir signer mon arrêt de mort.
_________- T'aimes vraiment pas le grec ?
_________Je me sens à la fois soulagé et mal-à-l'aise par la question. Chaque fois qu'on doit travailler sur un projet, à l'heure du déjeuner il nous emmène, Gustav et moi, dans son restaurant favoris, un grec à trois rues du Kulturforum. Comme ni mon meilleur ami, ni moi, n'aimons manger grec, on fait semblant de ne pas avoir faim, et nous retournons à la cafétéria à côté de la Gemäldegalerie un peu plus tard. _________On ne veut tous simplement pas vexer le boss.
_________- Pas vraiment non.. Répondis-je
_________- Et Gustav ?
_________- Non plus..
_________- Vous êtes vraiment des enfoirés, vous pouviez pas le dire !
_________- T'avais tellement l'air d'adorer manger là-bas, on voulait pas te vexer !
_________- La prochaine fois, vous choisirez ! S'exclame-t-il
_________Il n'a pas l'air vraiment contrarié, peut-être seulement un peu déçu qu'on ne lui ai pas dit plus tôt.
_________- Autre chose, ton discours, je peux le lire ?
_________Moi qui pensais avoir échapper à la question, je me rends compte que Loik ne perd pas le Nord. J'essaye de ne pas bégayer, et fais ce que m'a conseiller Gustav en espérant qu'il n'insiste pas.
_________- Non, je ne préfère pas, tu vas m'influencer, je préfère que tu le découvres en même temps que l'assemblée, à l'inauguration.
_________- Très bien. Dit-il, N'oublie pas ton billet d'avion ! Ajoute-t-il alors je m'apprêtais à sortir de la pièce.
_________Je m'approche et attrape ce qui va m'envoyer à Paris. Je le remercie, quand il me souhaite bon voyage et quitte son bureau, quelque peu soulagé.
_________J'ai l'impression d'être un gosse au collège, qui doit rendre ses devoirs aux professeurs sous peine de sanctions. Sauf que là, le gosse c'est moi, employé d'une galerie d'art, le devoir est le plus important de toute ma vie, et la sanction n'est pas une vulgaire heure de retenue mais des années de chômage. Si je ne prononce pas ce discours, l'engrenage partira vite. Dans le métier il est très difficile de se faire une place, mais facile de se faire détrôner, à cause d'un grain de sable dans le mécanisme. Ne pas assurer l'inauguration d'une ½uvre à la Gemäldegalerie, est un grain de sable qui peut tout saboter.

_________Je me dirige vers mon bureau, et m'installe.
_________Je consulter mes mails, et attrape une feuille blanche, censée être remplie de mon discours d'inauguration d'ici quelques instants.
_________Après vingt bonnes minutes, j'ai tout de même réussis à écrire quelque chose, c'est loin d'être terminer, mais j'ai déjà plus avancé. Je me décide à rejoindre Gustav, et Bill, s'il est encore là. Je traverse le dôme, levant les yeux, encore une fois, le soleil traverse les vitres de la voûte, c'est encore plus beau, mais je ne m'attarde pas plus. Je fouille des yeux les salles d'exposition et retrouve enfin Gustav et Bill. Les autres visiteurs glissent leurs brochures de la galerie dans leurs sacs, sans y porter plus grande attention, comme je l'avais prédit.
_________- Alors Bill, la visite vous a plu ? Demandais-je alors que je les avais rejoins.
_________- Encore mieux que la dernière fois -Dit il en me regardant avec un sourire
_________- J'expliquais justement à Bill ta passion pour Vermeer. M'explique Gustav, fier de lui.
_________- Ah oui ? Et si on allait déjeuner plutôt, t'es capable de faire passer pour un fanatique !
_________- C'est exactement ce que tu es ! Bill, tu te joins à nous, c'est moins qui invite ?
_________Je sursaute. Est-ce qu'il l'a tutoyer ?
_________Bill me regarde, comment s'il attendait que je réponde pour lui.
_________- Je ne suis pas contre ! Lui dis-je.
_________- Parfait au Enrich's Lokal comme d'habitude ? Propose Gustav
_________- Allons-y -Dis-je peu enthousiaste.
_________Alors qu'on sort de la galerie, Bill nous annonce qu'il doit passer un coup de fil avant de pouvoir se joindre à nous. Il s'éloigne un peu et j'en profite pour parler à Gustav.
_________- Tu le tutoies ?
_________- Oui, je lui ai demandé et il a accepté, on a pratiquement le même âge tu sais !
_________- Ouais ouais, dis-je d'un air que j'espérais être détaché.
_________- Tom ? Voyant que je ne réponds pas, il insiste . Tom ? T'es jaloux c'est çà ?
_________- N'importe quoi ! Répliquais-je. Je me sens juste stupide de ne pas l'avoir fais avant. Dis-je plus bas.
_________- C'est l'occasion ! Allez viens, Bill nous rejoindra.
_________Je fais signe à Bill qu'on va s'installer et me répond d'un signe de main, alors qu'il discute toujours au téléphone, j'entends qu'il parle d'une voix tendre et rassurante, et qu'il supplie son interlocuteur de ne pas s'inquiéter, et qu'il sera bientôt de retour« Ne t'inquiètes pas, je serais là dans deux heures maximum » mais je rentre pour ne pas l'espionner davantage.

_________Enrich nous à garder notre table habituelle, un peu à part, pas loin du comptoir. Je le salue chaleureusement en le serrant dans mes bras et lui fait la bise. Je ne l'ai pas vu depuis que je suis revenu de Florence. Il était avec Gustav et moi au lycée, nous étions très proches tous les trois. C'est avec lui que j'ai eu ma première expérience homosexuelle. Ni lui, ni moi n'étions amoureux, avec l'alcool, et les questions qu'on se posait c'était juste plus facile. Pas passionné par les études, il n'a pas été à l'Université, il a décidé d'accumuler les jobs, jusqu'à ce qu'il se lance dans ce projet. Devenir le gérant d'un restaurant. Il a réussit à ouvrir le Enrich's Lokal bien avant que nous soyons diplômés mais nous l'avons rejoint au Kulturforum. On ne s'est en quelque sorte jamais quittés.
_________Je lui parle vivement de ce que j'ai vu à Florence pendant quelques minutes, comme d'habitude il sourit devant mon enthousiasme, tout en jetant des regards à Gustav à qui je tourne le dos.
Je vois Bill s'installer aux côtés de Gus en s'excusant.
_________- Pourquoi tu te marres ? Dis-je à Enrich d'un air faussement outré
_________- Pour rien, t'es beau quand tu parles d'art. Me réponds-t-il franchement et tout sourire.
_________Il n'y a pas de confusion possible, entre Enrich et moi, il y a quelque chose que personne ne peut réellement comprendre, et quand il me dit ce genre de choses, il n'a pas d'arrière pensée. Ceux qui ne connaissent pas la relation que nous avons pourraient penser autrement, pour nous c'est très clair.
_________- Rassure-moi, pas seulement quand je parle d'art ?
_________- Bien sûr que non, va t'asseoir.
_________Il me pousse doucement vers la table où Gustav et Bill regarde la carte des menus. Je m'assoie tandis qu'Enrich se poste près de la table et s'exclame :
_________- Tom ! C'est ton nouveau mec ?!
_________A cet instant il a beau être comme un frère pour moi, je n'ai qu'une envie c'est de l'abattre. Je suis rouge de honte, je le regarde avec des yeux noirs. Alors que Gustav rigole doucement je répond fermement :
_________- C'est un visiteur de la Gemäldegalerie . Prends nos commandes avant que je t'égorge.
_________Pour se faire pardonner il m'embrasse la joue et me glisse discrètement à l'oreille un « Désolé mon chou, mais c'est une bombe, tu devrais te le faire ». Je le regarde, blasé par ses sous-entendus stupides. Il prend nos commandes et sourit d'un air gêné à Bill avant de partir.
_________- Je suis désolé Bill, Enrich est un peu... exubérant ! Dis-je en m'adressant au brun. J'espère qu'il ne t'as pas mis trop mal à l'aise.
_________J'ai décidé de prendre les devants en le tutoyant. Il a accepté de déjeuner avec nous non ? Si ça l'ennuie il me le dira.
_________- Ne t'en fais pas, Tom, ça va. Me réponds t-il en m'adressant un sourire, comme s'il avait compris mon angoisse face à cette initiative.

_________Le silence qui s'installe progressivement à la table me gène comme à son habitude. Je refuse que chacun parte dans une perspective sans paroles, alors je m'empresse de couper court au calme qui envahit soudainement la table.
_________- Gustav -Dis-je, Loik est au courant de notre dégoût pour le grec.
_________- Bon Dieu Tom ! Il va nous virer !
_________Je rigole légèrement devant ses yeux ronds.
_________- N'exagère pas, il n'est pas si terrible que çà. Il a seulement dit qu'on choisira le restaurant la prochaine fois.
_________- Enrich's Lokal, c'est certain !
_________- Oui sûrement

_________Je regarde Bill, regrettant de le laisser à part dans cette conversation. Il plante ses yeux dans les miens, j'essaie d'y rester accrocher malgré le malaise que cela m'apporte.
_________- Vous venez souvent ici ? Demande-t-il alors qu'il coupe brutalement l'échange d'un air malicieux
_________- Tous les jours, Enrich est un ex de Tom et..
_________- C'est surtout notre ami depuis le lycée et je ne suis jamais sortis avec lui. Dis-je en interrompant Gustav avant qu'il n'en dise plus.
_________- Comme tu veux. abandonne t-il. Bill, qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
_________- Je continue mes études pour être éducateur d'enfants ou d'adolescents. J'ai dû les arrêter quelques temps. Je reprends tout juste, par correspondance.
_________- J'adore les enfants ! Réplique Gustav. Georg les déteste, dit-il en s'adressant à moi.
_________- Georg déteste tout. C'est son petit ami. ajoutais-je en m'adressant à Bill qui hoche la tête en signe de réponse
_________- Tom a un problème avec Georg, ajoute Gustav
_________- Je n'ai pas de problème avec son mec, répliquais-je, toujours en m'adressant à Bill
_________- Bien sûr que si ! Un jour il faudra que tu m'expliques ce que tu lui reproches !
_________Bill se racle la gorge discrètement, et nous nous rendons compte de la situation plus que puérile. Je regarde le brun d'un air un peu désolé, il me fait un bref sourire et joue avec ses couverts déjà installé sur la table.
_________Enrich arrive à ce moment, avec les commandes.

_________Il me tend le gobelet de la boisson que je commande toujours, en précisant qu'un jour je devrait payer plus cher parce que je l'oblige à en commander uniquement pour moi. Je lui réplique en disant que je suis son meilleur client, et que sans cette boisson, je serais forcé de déjeuner ailleurs. Il me donne une légère tape sur la tête en râlant pour la forme, et retourne s'occuper des autres clients.
_________Nous commençons à manger quand Gustav me demande entre deux bouchées où j'en suis dans mon discours pour l'inauguration.
_________- Tu vas pas t'y mettre aussi ! Je serai prêt, il me faut juste.. de l'inspiration et du temps.
_________- Pas la peine de t'énerver, je te rappelle juste que c'est Jeudi prochain, et que pendant que tu seras à Paris, tu auras d'autres choses à faire.
_________- Je sais, je sais. Soupirais-je.
_________- Tom a été désigné pour faire l'inauguration d'un tableau, explique Gustav. Tu devrais venir le voir se planter. Sourit-il .
_________- Merci ! C'est sur invitation je te rappelle.
_________- C'est pas un problème, j'en ai une.
_________Il sort de la poche de sa veste le carton rouge, avec les informations sur la soirée. Gustav me lance un sourire suivit d'un clin-d'½il que je n'arrive pas à interpréter. Est-ce que c'est ironique? Du genre « Bill va te voir à plus ridicule que jamais, remercie moi ! » Ou bien, est-ce qu'il traduit ce qui pourrait être « Tu vois Tom, je t'aide à l'avoir, j'avais tout prévu ! » Je me contente de le regarder dans les yeux, sans rien répondre.
_________- Bill ? Demande Gustav en lui tendant le carton, intimant une réponse
_________L'intéressé réfléchis pendant un moment qui me paraît beaucoup plus long qu'il ne l'est réellement.
_________Je ne sais pas si je pourrais venir.. mon petit frère..
_________Je le coupe, le sentant légèrement gêné
_________- Te sens pas obligé, c'est pas grave si tu peux pas venir, Gustav l'a dit, je vais me planter alors !
_________- Non, je ferais de mon mieux, j'aimerais bien être là, il faut juste que je m'organise...
_________- Tom, je plaisantais. Me dit Gustav.
_________- Tu plaisantes tout le temps, si encore c'était marrant, tu te moques de moi rien de plus.
_________- Je savais que t'étais susceptible mais enfin là, Tom, c'était pas méchant. Merde, t'es sérieusement stressé par ce discours on dirait.
_________- Ouais, je... désolé. J'ai la pression, je veux pas me planter tu comprends. Et puis il y a ce nouveau Vermeer, si c'est un vrai, imagine le travail que ça va me donner, cela dit ce serait vraiment génial, du jamais vu, jamais entendu parler, ce serait.. ouais, vraiment génial !
_________Je dois avoir les yeux qui pétillent parce que Bill et Gustav me regarde étrangement.
_________- Qu'est-ce qu'il y a ? Demandais-je
_________- Rien.
_________Ils me répondent en c½ur, ce qui nous écorche un rire.

_________Quelques instants plus tard, je m'absente pour nettoyer mon costume que j'ai tâché avec mon soda. Je suis vraiment maladroit ces temps-ci. Je ne fais ni attention à ce que je fais, ni à ce que je dis. Je suis vraiment trop nerveux. Ce voyage à Paris ne me dis pas grand chose, d'habitude je le prends comme une façon de souffler un peu, laisser la pression que me met Loik à la galerie de côté mais aujourd'hui c'est différent, Florence était il y a peine un mois, et j'aurais aimé retrouver mon pied-à-terre quelques temps. J'aurais pu retrouver mon meilleur ami comme il se doit, on aurait été prendre un verre, et au final on serait rentrés complètement faits. Comme avant. Mais, il y eu ce voyage que j'ai dû préparer dans les moindres détails et Gustav depuis plus d'un an à Georg. Je ne sais pas à quand remonte la dernière fois où on s'est parlé réellement, comme avant, avec Gus.
_________Toutes ces pensées m'oppressent, je m'appuie contre le lavabo, baisse la tête puis la relève, je me regarde dans le miroir, replace le bandeau noir accorder à mon costume qui tient mes dreadlocks et souffle un grand coup. J'espère qu'après ce voyage et cette inauguration, je pourrais un peu plus profité de mes amis, et pourquoi pas, m'intéresser à Bill.
_________Il me plaît, c'est plutôt le fait de constamment me sentir ridicule et gêné quand il me regarde qui me fait dire çà. Il est tellement discret et évasif que ça le rend mystérieux, j'ai l'impression qu'il se protège. Il n'en dit jamais trop peu, ni jamais assez. Il a l'air mal-à-l'aise dès qu'on parle de lui. Bill, donne-moi une chance de briser le mystère qui t'entoure.

« Apprendre à se connaître,
Un jour, un soir,
Et si nos âmes s'attirent,
Ne plus rien s'interdire
Et puis voir ce qu'on peut devenir. »


_________Je sors enfin de ma léthargie, quitte les toilettes et retourne à la table. Je vois que Bill n'est plus assit en face de moi. Sa veste n'est également plus sur sa chaise. Je fronce les sourcils.
_________- Où est Bill ? Demandais-je à Gustav
_________- Il a reçut un coup de fil, apparemment c'était urgent, il m'a dit de te dire qu'il s'excusait mais qu'il était obligé de partir.
_________- Oh... Tu sais qui c'était au téléphone ?
_________- Non, « Calme-toi mon ange, j'arrive tout de suite » c'est tout ce qu'il a dit.
_________Mon ange ?

« Des regards qui s'égarent,
On a beau le vouloir, l'Autre nous l'interdit »


_________- Ok, tu penses qu'il viendra à l'inauguration ?
_________- J'en sais rien.
_________J'attrape mon gobelet de soda, aspire le soda par la paille et le repose. Alors que je veux prendre mes couverts pour continuer à manger je remarque que mes mains sont tâchés d'encre noire. Je me frotte les doigts essayant de la faire disparaître, tout en me demandant ce que j'ai bien pu toucher pour que de l'encre vienne souiller mes doigts. Je jette un ½il à Gustav, il rigole, je hausse un sourcil.
_________- Qu'est-ce qu'il y a ?
_________- Rien, tu passes un peu de ta boisson s'il te plait ?
_________Je le regarde, il sourit toujours, il sait très bien que je déteste qu'on boive dans mon gobelet. Voyant que je réponds rien il continue
Tom, ta boisson, s'il te plait.
_________Je me résigne, et met ma maniaquerie de côté. Non sans soupirer, j'attrape mon gobelet et lui tends. Mais le ramène immédiatement vers moi, à l'encre noire :

« Tout commence à Paris selon N. Spain
Bon voyage,
(+49 177) 5864830
-B. »


« Mais dis moi où peut-on se revoir ? »


_________Je souris niaisement. Bill à laisser son numéro de portable. La déception qui m'avait envahit en apprenant sa fuite disparaît immédiatement. Je lève les yeux, et vois Gustav me sourire franchement.
_________- Tu veux pas de ma boisson pas vrai ?
_________- Finalement j'ai plus soif, garde la. Dit-il avec un clin d'½il.

__________________Humphrey Davy à écrit que: « Les musées d'art de Paris contiennent les plus belles collections de cadres jamais vues. »
__________________Je défendrais ma ville natale en disant que les musées d'art de Berlin, ont les plus beaux visiteurs.


Donne-moi une chance - Grégoire .

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Envies, Suggestions, Avis, Critiques...
Long chapitre pour pas grand chose au final ;mais c'est comme çà que je voyais les choses.

# Posté le samedi 18 avril 2009 09:19

Modifié le mercredi 22 avril 2009 15:27